Il s’observe depuis l’entrée au pouvoir du président de la République, des efforts et initiatives sans précédents, qui concourent à la recherche de la paix dans les provinces de l’Ituri et Nord Kivu. Des décisions ont été prises, notamment l’état de siège, la mutualisation des forces entre l’armée congolaise et celle de l’Ouganda.
Des commissions et missions ont été organisées entre autre le programme de désarmement, démobilisation, réinsertion communautaire et stabilisation P-DDRC-S, délégation des émissaires pour conscientiser les groupes rebelles, la task force pour dialoguer et convaincre les rebelles à déposer les armes… Toutes ces initiatives du président de la République, démontrent le souci qu’a Félix-Antoine Tshisekedi pour mettre fin aux atrocités de l’Ituri.
Comment les communautés Ituriennes accueillent-elles alors ces efforts ? cette question a poussé la rédaction de Iturikweli.net à analyser les propos et réactions de différentes structures citoyennes et acteurs politiques face à la volonté manifeste du commandant suprême pour sortir l’Ituri du gouffre du sang, dans lequel il est depuis 2017.
L’État de siège n’était pas le bienvenu par toute la population iturienne
Après notre sondage auprès de la population de Bunia, nous avons réalisé que s’il y a eu parmi la population Iturienne ceux qui étaient contre l’état de siège en Ituri, c’est suite aux campagnes de diabolisation menées par certains acteurs socio-politiques pour leurs intérêts égoïstes qui réagissaient en défaveur de cette mesure exceptionnelle. Ils ont emmené une partie de la population à critiquer négativement l’état de siège en lieu et place de l’accompagner, en dénonçant les ennemis de la paix.
Une série de dédains et manque de confiance s’est érigée comme une muraille entre les FARDC et la population. Il a fallu l’intervention de certaines structures citoyennes telles que l’union des associations culturelles pour le développement de l’Ituri, UNADI en sigle, la société civile de la province, certains acteurs sociaux et politiques pour appeler la population à faire conscience à l’armée congolaise et à l’état de siège.
Le gouverneur militaire de l’Ituri accompagné du porte parole des opérations militaires en Ituri ont dû aussi intervenir en lançant le même message de soutien aux forces de l’ordre. La population Iturienne a essayé de comprendre mais impatiente de voir le retour effectif de la paix dans sa province, a-t-on constaté.
Certaines communautés restent retissentes face aux mécanismes de retour de la paix
La communauté Hema réunie au sein de l’association culturelle ENTE, se dit opposée à toute démarche visant à un quelconque dialogue avec ceux qu’elle qualifie de « génocidaires », « bourreaux » sans cependant les citer. Alors que de l’autre côté, la milice CODECO a demandé la tenue d’une table ronde sur la paix très urgente à Djugu, selon le rapport de la délégation dépêchée par le président pour rencontrer les groupes armés.
Les Hema rejettent également, dans le document rendu publique le lundi 03 janvier 2022, tout soutien de leur part à un groupe rebelle, pourtant, plusieurs rapports des experts de l’ONU et d’autres sources sécuritaires leur ont toujours attribué le mouvement d’autodéfense armé appelé Zaïre, actif dans les territoires de Djugu et d’Irumu.
Sachant que l’équipe de Task force est conduite par Thomas LUBANGA, ancien leader de l’UPC une milice d’obédience Hema durant la guerre interethnique survenue en Ituri entre 1999 et 2003, cette sortie médiatique de l’association culturelle ENTE semble relever les contradictions qui visiblement règnent au sein de la notabilité de cette tribu, pensent nos confrères de buniaactualite.com. Tout ça, freine et ralentisse le processus de la paix.
La société civile ne soutient pas la mutualisation de forces entre FARDC et UPDF
La société civile de l’Ituri ne soutient pas du tout la mutualisation de forces congolo-ougandaises. Selon sa déclaration, la démarche avec l’Ouganda est à leurs yeux comme un 2 ème cheval de Troie. « Les mêmes causes produisent les mêmes effets » avait dit Dieudonné LOSA DEKHANA, coordonnateur de cette structure citoyenne. D’après lui, l’expérience avec l’entrée des troupes rwandaises devrait inspirer les autorités nationales.
Nos divergences d’idées ne doivent pas entraver les initiatives de recherche de la paix
Les opinions peuvent être partagées, certaines initiatives peuvent ou ne pas nous intéresser, mais n’oublions pas que tous, avons besoins de la paix dans notre chère province. Mettons de côté nos divergences politiques, nos intérêts égoïstes et privilégions le retour de la paix que nous avons perdu depuis plus de quatre ans. Disons dans l’unissons Alte aux tueries de nos frères. Au nom de la paix, acceptons l’inacceptable. Ainsi nous allons l’obtenir aujourd’hui.
Papy Kilongo





















