A quelques heures du début de l’opération de bouclage contre les motos sans plaques d’immatriculation tel qu’annoncé par la police nationale congolaise en province de l’Ituri, les réseaux sociaux s’alimentent des débats interminables sur cette actualité. Si les uns soutiennent cette décision des autorités, ensemble avec la Direction Générale des Recettes de cette province, d’autres par contre s’opposent catégoriquement à cette mesure. Est-ce une bonne ou mauvaise stratégie de procéder, à l’heure actuelle où la province se distingue par des atrocités commises par des groupes armés locaux et étrangers sur la population civile ?
Les fois précédentes n’ont pas marché
Avant cette mesure exceptionnelle de l’état de siège, à l’époque de Jean Bamanisa Saidi, l’ex gouverneur de cette province, cette opération de bouclage n’avait pas abouti aux résultats attendus. Plusieurs fois annoncées et plusieurs fois reportées, en dépit de l’harmonisation de l’exécutif provincial avec la fédération des entreprises du congo et quelques associations des propriétaires et conducteurs des engins roulants. « C’est remplir son devoir civique, en achetant la plaque, c’est pour aussi faciliter le développement de la province » ne cessait de nous le rappeler, l’autorité provinciale de l’époque, comme le gouverneur militaire le fait aussi actuellement.
Une moto immatriculée, un cas de moins sur l’insécurité
Au mois de Mai de l’année dernière, le Lieutenant-Général Luboya N’kashama Johnny avait obligé l’achat des plaques d’immatriculation pour toutes les motos circulant en Ituri. Il avait épinglé des cas d’insécurité causée dans la ville de Bunia par des personnes en motos sans plaques. Un motard qui me transportait ce samedi 15 Janvier sur sa moto jusqu’au centre ville de Bunia, quand je voulais avoir son point de vue sur cette mesure, m’a évoqué le problème de prix d’achat de cette plaque qu’il estime trop cher. C’est lui d’ailleurs qui m’a soufflé à l’oreille que le lundi 17Janvier, ils ne vont pas travailler.
Payer les taxes, un devoir civique
En lisant certains commentaires sur différents groupes WhatsApp sur l’opération de bouclage des motos n’ayant pas de plaques d’immatriculation, ceux qui sont d’accord pensent que cela permettrait à la province à avoir les moyens pour financer certains travaux en caractère du développement. « Acquittez-vous de vos obligations pour permettre à la province à bien fonctionner » lance un internaute dans un groupe WhatsApp. « Vous ne voulez pas payer les taxes mais vous exigez beaucoup au gouvernement, ils vont le faire avec quoi ? » demande un autre.
Il y a aussi ceux qui ne sont pas d’accord
Ces postes précédaient les messages de ceux qui ne sont pas d’accord avec cette mesure des autorités. Ils avancent l’aspect sécuritaire actuel de la province et la dégradation de routes dans plusieurs entités qui ne permettent pas aux motards de bien faire leur travail. « Cette façon de procéder est archaïque alors que l’insécurité règne énormément dans tous les tronçons routiers » commente l’un de membres du groupe WhatsApp. « Vous nous exigez d’acheter les plaques sur nos motos qui sont brûlées par les miliciens, c’est quoi au juste votre problème ? se demande un autre utilisateur des réseaux sociaux.
Qu’est-ce qui va se passer alors le mardi 17 Janvier, jour et date prévus pour le début de l’opération sur toute la province ? Les motards vont-ils aller en grève pour manifester leur désaccord sur l’achat des plaques d’immatriculation ? Les autorités, cette fois-ci, sont-elles décidées à aller jusqu’au bout de l’opération ? Difficile pour l’instant d’avoir des lumières sur ces questionnements d’autant plus que toutes les deux parties ont raison. S’acquitter de ses obligations est recommandé par notre constitution et protéger sa population en lui assurant de meilleures conditions sociales est encore de l’obligation du gouvernement.
Si c’est la bonne stratégie pour contraindre les taximan-motos et tous les autres propriétaires de motos à payer ce qu’ils doivent à la province malgré l’insécurité, nous le saurons d’ici-là. Mais si jamais, cette stratégie accouchait de la souris, ce serait un mauvais signal pour la maximisation des recettes de la province.
Gloire Mumbesa




















